Rennes


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Cet article concerne la ville bretonne. Pour les autres significations, voir Rennes (homonymie)
Rennes
Blason de Rennes Logo de la ville
Le palais du parlement de Bretagne, reconstruit après l'incendie de 1994. Il abrite la Cour d'appel de Rennes.
Le Parlement de Bretagne, reconstruit après l'incendie de 1994. Il abrite la Cour d'appel de Rennes.
Pays
drapeau de la France
     France
Région  Bretagne (préfecture)
Département Ille-et-Vilaine Ille-et-Vilaine (préfecture)
Arrondissement Rennes (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de 11 cantons
Code Insee 35238
Code postal 35000, 35200 et 35700
Maire
Mandat en cours
Daniel Delaveau (PS)
2008-2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Rennes Métropole
Coordonnées
géographiques
48° 06′ 53″ Nord
         1° 40′ 46″ Ouest
/ 48.114722, -1.679444
Altitudes moyenne : 30 m
minimale : 20 m
maximale : 74 m
Superficie 50,39 km² (5 039 ha)
Population sans
doubles comptes
210 500 hab.
(2005)
Densité 4 093 hab./km²
Aire urbaine 521 188[1] hab.
Gentilé Rennais, Rennaises
Site Site de la ville de Rennes
Carte de localisation de Rennes

Rennes est une commune française, chef-lieu du département d’Ille-et-Vilaine et de la région Bretagne, ainsi que l'une des capitales historiques du duché de Bretagne. Elle se situe à l’est de la Bretagne à la confluence de l’Ille et de la Vilaine.

Ses habitants sont appelés les Rennais et Rennaises.

Elle est appelée Resnn en gallo et Roazhon en breton, Rennes vient des Redones[2], nom du peuple gaulois occupant cette partie de l'’Armorique au IIe siècle av. J.-C. Rennes est la huitième ville universitaire française[3], et la dixième en nombre d’habitants[4].

Sommaire

Étymologie

A l’origine le nom celtique de la commune est Condate, ce qui signifie « confluent » et souligne l’emplacement de la ville, entre l'Ille et la Vilaine[5], mais c'est du nom du peuple gaulois, les Redones ou Riedones[2], y ayant habité au IIe siècle av. J.-C. que vient le nom de la ville. Le nom de ce peuple vient d'une racine celtique red signifiant « aller à cheval » ou « aller en char »[6].

Suivant les siècles, la commune de Rennes connut plusieurs appellations. Chronologiquement, au IIIe siècle, la commune pris le nom de Civitas Riedonum puis au IVe siècle celui de Civitas Redonum. Au Ve siècle, sa dénomination fut Ecclesia Redonensis, en 830 se fut Redonicum oppidum, enfin trente ans après, en 850, son nom fut reformulé en Redonas oppidum. Durant le XIIe siècle, plusieurs noms lui sont attribués à savoir Urbe Redonensis, Urbs Redonis et Redhonis. Le nom de Rennes que l'on connait de nos jours apparu au XIVe siècle avec les appellations Renes et Rennes[6].

En langue des signes française, la ville se signe comme un renne[7].

Géographie

Vue du bassin rennais.

Situation

Localisation

La ville de Rennes est située à l’ouest de la France à 308 km en distance orthodromique de Paris[8]. Elle est donc excentrée par rapport à l’axe Lille-Paris-Lyon-Marseille stucturant le territoire français et elle l'est plus encore par rapport à la dorsale européenne qui relie Londres à Milan. La ville cherche cependant à tirer parti de sa position centrale dans l'arc Atlantique pour affirmer son rôle de ville européenne. C'est d'ailleurs à Rennes qu’a été créée en 2000 la Conférence des villes de l’Arc Atlantique[9] qui y a son siège.

Excentrée au niveau national et européen, la ville de Rennes l'est aussi au niveau régional[10]. Située à moins de 50 km de la limite orientale de la Bretagne à La Gravelle, Rennes se situe à plus de 250 km de l'île d’Ouessant. En distance orthodromique, elle est ainsi plus proche de Tours (194 km) que de Brest (210 km) et plus proche de Caen (154 km) que de Quimper (180 km)[11]. Éloignée de toute frontière terrestre, la ville n'est cependant qu'à 120 km de l'île britannique de Jersey.

Rennes est la seule ville bretonne de plus de 25 000 habitants qui ne soit pas située en bord de mer ou d'estuaire[12]. Elle est plus proche des côtes de la Manche (64 km) que de celles de l’océan Atlantique (90 km).

Communes limitrophes

Pacé Saint-Grégoire et Montgermont Betton
Le Rheu et Vezin-le-Coquet N Cesson-Sévigné
O    RENNES    E
S
Saint-Jacques-de-la-Lande Noyal-Châtillon-sur-Seiche Chantepie
Enclave: {{{enclave}}}

Climat

La ville est sous un climat océanique relativement doux. Les hauteurs annuelles de précipitations sont inférieures à 700 mm. Il pleut en quantité (et pas en nombre de jours de pluie) davantage à Nice qu'à Rennes. Les hivers sont humides et en moyenne doux. Les étés sont relativement secs, modérément chauds et ensoleillés. Rennes bénéficie d'environ 1 850 heures d'ensoleillement chaque année.

Ville Ensoleillement Pluie Neige Orage Brouillard
Paris 1 797 h/an 642 mm/an 15 j/an 19 j/an 13 j/an
Nice 2 694 h/an 767 mm/an 1 j/an 31 j/an 1 j/an
Strasbourg 1 637 h/an 610 mm/an 30 j/an 29 j/an 65 j/an
Rennes[13] 1 851 h/an 649 mm/an 9 j/an 15 j/an 69 j/an
Moyenne nationale 1 973 h/an 770 mm/an 14 j/an 22 j/an 40 j/an

Le tableau ci-dessous indique les températures et les précipitations pour l'année 2007  :

Mois J F M A M J J A S O N D
Températures maximales (°C) 8,1 9,4 12,3 14,7 18,4 21,5 23,8 23,6 21,1 16,7 11,7 9
Températures minimales (°C) 2,2 2,5 4 5,4 8,5 11,2 13,1 13,1 11,2 8,3 4,9 3,2
Températures moyennes (°C) 5,2 5,9 8,2 10,1 13,4 16,4 18,5 18,3 16,2 12,5 8,3 6,1
Précipitations (hauteur moyenne en mm) 61,3 52,3 49,3 45,1 58,1 46,4 42,6 47,3 56,6 63,8 68,4 69,1
Source: Météo France et Lameteo.org[14]

Le tableau ci-dessous indique les records de températures minimales et maximales :

Mois J F M A M J J A S O N D
Températures maximales records (°C) 16,8 19,8 23,1 28,7 30,8 36,3 38,4 39,5 34,8 27,8 20,2 17,6
\_ années des t°max.     2003 1990 1965 1945 1953 1976 1949 2003 1961 1945 1993 1953
Températures minimales records (°C) -14,7 -11,2 -7,3 -3,2 -1,2 2,2 5,5 4 1,9 -4,6 -7,5 -12,6
\_ années des t° min.     1985 1948 2005 1984 1945 1962 1972 1956 1972 1947 1955 1964
Source: INSEE et Lameteo.org[13]

Site

La ville se trouve au centre du bassin de Rennes, formé par l‘affaissement du massif armoricain au début du Cénozoïque ; il a été réinvesti par la mer au Miocène[15], ce qui explique l'importance des roches sédimentaires comme le schiste. Bien que globalement plat – l'altitude de la commune est comprise entre 20 et 74 mètres [16] – le relief de la commune est marqué par les vallées creusées par l'Ille et la Vilaine.

Le site choisi pour la fondation de la ville est celui d‘un promontoire dominant le confluent de l'Ille et de la Vilaine[17]. Le développement de la ville s'est tout d‘abord fait sur les terrains hauts au nord de la Vilaine ; les terrains marécageux situés au sud du fleuve n'ont été urbanisés qu‘au XVe siècle[18]. Le relief n'a jamais constitué un frein au développement urbain. La ville s'est progressivement développée de part et d'autre des cours d'eau pour s'étendre au XXe siècle sur les hauteurs environnantes : plateau du Haut-Quineleu, au sud de la gare, hauteurs de Maurepas et de Villejean, au nord-est et au nord-ouest du centre-ville.

En raison d‘un lit peu profond, la Vilaine provoque de fréquentes inondations qui ont conduit les autorités municipales à prendre de nombreuses mesures pour les limiter. Dès le XVIe siècle, des travaux de canalisation sont envisagés afin d‘améliorer sa navigabilité[19] mais, malgré de nombreux projets élaborés suite à l'incendie de 1720, il faut attendre le XIXe siècle pour que les travaux soient entrepris[20]. Après l'achèvement des travaux de canalisation, des inondations se sont encore produites, parfois catastrophiques comme en 1966 et en 1974, conduisant la municipalité à se doter d‘un large éventail d'équipements[21].

Morphologie urbaine

La construction d’une ville

Évolution de la surface urbanisée de Rennes
Extension gallo-romaine

     Limite communale actuelle

     Cours d’eau (tracé actuel)

Enceinte du IVe siècle

     Limite communale actuelle

     Cours d’eau (tracé actuel)

Enceinte du XVe siècle

     Limite communale actuelle

     Cours d’eau (tracé actuel)

1782

     Limite communale actuelle

     Cours d’eau (tracé actuel)

1827

     Limite communale

     Cours d’eau (tracé actuel)

1877

     Limite communale

     Cours d’eau (tracé actuel)

     Voies ferrées

1919

     Limite communale

     Cours d’eau (tracé actuel)

     Voies ferrées

1942

     Cours d’eau (tracé actuel)

     Voies ferrées

1962

     Limite communale

     Cours d’eau

     Voies ferrées

1983

     Limite communale

     Cours d’eau

     Voies ferrées

     Rocade

2008

     Limite communale

     Cours d’eau

     Voies ferrées

     Rocade


À son apogée au IIe siècle, lors de la période gallo-romaine, la ville est un centre urbain important qui s’étend sur 90 ha sur les hauteurs dominant le confluent de l’Ille et de la Vilaine. Les invasions barbares vont conduire la ville à se resserrer sur une superficie de 9 ha au sein d’une enceinte longue de 1 200 mètres[17].

La ville médiévale


Jusqu’au XVe siècle, la ville se développe à l’abri de cette muraille à mesure que son rôle politique et économique croît. Au début du XVe siècle, la ville de résidence des ducs de Bretagne, ne compte cependant aucun monument marquant en dehors de sa cathédrale[18]. La ville connaît alors une période de développement démographique en raison d’une forte immigration normande suite à l’occupation anglaise au début du siècle et, surtout, d’un important exode rural. Les faubourgs se développent hors des murs : La Baudrairie, Saint-Aubin, Bourg-l’Évêque, Saint-Étienne, Toussaints… Dans sa Chronique d’Arthur de Richemont, Guillaume Gruel, écuyer d’Arthur III de Bretagne, note : « La ville qui pour lors estoit trop petite pour loger ung tel peuple comme le peuple renays, et estoient les faulxbourcs plus grans troy foiz que la Ville »[22].

Deux nouvelles enceintes sont donc construites au XVe siècle afin d’assurer le développement de la ville. En 1422, le duc Jean V décide de construire une enceinte à l’est qui entoure la « Ville Neuve », marquée par les commerces et les congrégations religieuses[17]. Cette nouvelle enceinte est achevée en 1452, mais déjà une autre extension est en cours. En 1449, le duc François Ier prend la décision d’étendre les murs de la ville au sud de la Vilaine. La « Nouvelle Ville » ainsi protégée par les remparts est avant tout un ensemble de terrains malsains et inondables où s’entasse une population modeste. L’intérêt est pourtant réel d’assurer une protection efficace des deux rives du fleuve et de protéger les quartiers industrieux[18]. En 1473, cette enceinte est à son tour achevée. La ville s’étend alors 62 ha et compte environ 13 000 habitants[23]. C’est au cours de ce siècle que la ville s’embellit en se dotant en 1467 de son premier monument civil : la tour de l’Horloge, citée par François Rabelais dans Pantagruel[24].

Après la fin de l’indépendance bretonne, marquée par l’acte d’union de 1532, le rôle administratif de Rennes s’accroît. En 1561, le parlement de Bretagne se fixe dans la ville[25]. Le palais du parlement est édifié entre 1618 et 1655. En parallèle, la ville se transforme profondément grâce aux nombreux hôtels particuliers édifiés pour les « messieurs du parlement », comme les hôtels de La Noue et Racape de La Feuillée, édifiés sur la place des Lices en 1658[17]. La ville s’embellit ainsi au cours du XVIIe siècle mais reste enserrée dans ses remparts et les bâtiments sont pour l’essentiel construits en bois. Lors de la nuit du 23 décembre 1720, la ville s’embrase. Pendant six jours, l’incendie va ravager le centre-ville : près de 10 ha sont touchés, 945 bâtiments sont détruits. Au total, on estime que le grand incendie a coûté 9 millions de livres aux particuliers[26].

La ville classique

La reconstruction de la ville est l’occasion de mettre en application les idées des urbanistes de l’époque ; les vues doivent être dégagées et les rues plus larges. Avant tout, il s’agit à tout prix d’éviter un nouvel incendie. Pour mener à bien ce chantier, l’intendant de la Ville s’adresse à Isaac Robelin, un ingénieur militaire directeur des fortifications à Brest. Cependant son projet présenté au Conseil le 27 août 1722 ne convainc pas, notamment en raison de ses vues radicales qui heurtent les nobles de la ville [27]. En 1724, c’est l’architecte Jacques V Gabriel, plus diplomate, qui est finalement chargé de la reconstruction.

Dans les grandes lignes, le plan ambitieux de Robelin est conservé : la partie incendiée de la ville est totalement réorganisée selon un plan en damier avec des îlots carrés d’environ 65 m de côté et des voies de 10 m de large. Les immeubles sont construits en pierre (granit pour le rez-de-chaussée et étages en tuffeau) et les toits sont couverts d’ardoises. La ville s’organise autour de deux places disposées en quinconce : la place Royale où trône le parlement de Bretagne et la place Neuve dominée par la mairie, moins monumentale et obéissant à des canons moins rigoureux que sa voisine[17]. L’aspect monumental de la place Royale avait une valeur symbolique forte. Il s’agissait de représenter la domination du pouvoir royal sur le parlement de province à la suite de la révolte du papier timbré, la place servant d’écrin à une monumentale statue de Louis XIV réalisée par Antoine Coysevox. Cependant, une des idées majeures de Robelin, la canalisation de la Vilaine, n’est pas réalisée.

Au cours du XVIIIe siècle, la ville se développe peu à peu hors de ses murs. Certes, des rues avaient été créées en dehors des remparts depuis parfois longtemps, mais il ne s’agissait alors que de faubourgs comme celui de la rue de Nantes dont il est fait état dès le XVe siècle[28]. La promenade du Mail, prolongeant la ville vers l’ouest, est ainsi créée au cours de ce siècle[29].

La ville du XIXe siècle

Le XIXe siècle est marqué par un développement important des infrastructures de transport qui vont conduire à une profonde restructuration de la ville, notamment de ses quartiers sud[30]. La canalisation de la Vilaine est entamée en 1841 et s’achève en 1861[19]. Elle permet l’assainissement des quartiers situés au sud du fleuve, jusqu’alors sujets à de fréquentes inondations. L’arrivée du train en gare de Rennes en 1857 entraîne l’urbanisation de la plaine alluviale située au sud de la ville. Sur la base du plan d’urbanisme conçu entre 1852 et 1855 à l’initiative du maire Ange de Léon, de larges boulevards sont tracés : cours de la Gare (actuelle avenue Jean Janvier) pour rejoindre directement le centre ville depuis la gare, boulevard de La Tour-d’Auvergne permettant de faciliter la liaison entre Saint-Malo et Bordeaux (route impériale n° 137), boulevard de la Liberté entre ces deux axes sur les douves remblayées des anciens remparts déjà démolis à l’époque. Ce plan sera globalement réalisé ; seul le Champ de Mars sera réorganisé pour permettre l’extension de la caserne du Colombier[31].

En parallèle à ce développement, l’urbanisation se développe aussi au nord-est de la ville : un boulevard de contournement, le boulevard de la Duchesse Anne, est créé au milieu du siècle afin de relier les faubourgs de Saint-Hélier, de Paris, de Fougères et d’Antrain ; le boulevard de Sévigné est percé en 1864. Ces axes vont permettre de structurer le développement d’un quartier marqué par des hôtels particuliers et des riches demeures. En 1880, un nouveau boulevard circulaire, situé plus à l’est (boulevards de Strasbourg et de Metz), permet une urbanisation cohérente de l’est de la ville[32].

Le XIXe siècle est le siècle où la ville s’affirme dans son rôle de capitale régionale. Dans La Bretagne Contemporaine, parue en 1865, il est fait état du développement connu au cours des premières décennies du siècle : « Dans l’espace des soixante années de ce siècle, Rennes a vu sensiblement croître son importance et son commerce et son industrie. Sa population a doublé : elle atteint aujourd’hui le chiffre de 50 000 âmes. Elle a [...] la physionomie d’une grande et belle cité, calme plutôt qu’active. »[33]. La ville se dote d’équipements structurants : lycée impérial (1803)[34], palais universitaire (1847-1855)[35], nouvel hôpital de l’Hôtel-Dieu au nord la ville (1855)[36], prison (1863-1876)[37], ainsi que de nombreuses casernes implantées en limite de la ville.

L’expansion urbaine du XXe siècle

Le développement de la ville se poursuit au XXe siècle. Selon un mouvement déjà amorcé à la fin du siècle précédent, le développement urbain se fait de façon cohérente par le biais de lotissements[38] qui permettent d’éviter une urbanisation linéaire sous forme de faubourgs. La loi Loucheur votée en 1928 va accélérer le développement pavillonnaire de la ville dans l’entre-deux-guerres. Ainsi des quartiers se développent au sud de la voie ferrée, notamment le quartier Sainte-Thérèse[39] et le quartier Sacré-Cœur, et dans le prolongement des lotissements du XIXe siècle au nord-est (quartiers Jeanne-d’Arc et Maurepas[40]). Le Foyer Rennais, premier projet d’habitations à bon marché de la ville, est initié en 1922 pour s’achever en 1933[41]. La ville se dote en 1925 d’un premier plan d’extension, d’aménagement et d’embellissement qui permet de définir les axes de développement urbain futur[30].

La ville se dote de nouveaux équipements comme la piscine Saint-Georges, achevée en 1926[42], le Palais du commerce achevé en 1922[43] et la halle centrale achevée en 1926[44]. Tous ces bâtiments sont dûs à l’architecte de la ville, Emmanuel Le Ray.

L’immédiate après-guerre est marquée par la reconstruction de la ville touchée par d’importants bombardements[45]. Dès 1944, l’architecte Lefort est chargé de mettre en place un « Projet de reconstruction et d’aménagement de la ville ». Il s’agit tout autant de reconstruire les quartiers détruits que de résorber l’habitat insalubre et de permettre d’accueillir des populations nouvelles par le développement de quartiers d’habitat collectif. L’arrivée d’Henri Fréville à la tête de la municipalité en 1953 va marquer un tournant dans la politique urbaine de la ville avec la mise en place d’une politique d’aménagement planifié et de forte maîtrise foncière[30]. Henri Fréville justifie ainsi sa politique à propos de l’opération de rénovation urbaine du Colombier dans son autobiographie : « La rénovation urbaine étant, à la fois, une mesure d’assainissement et de modernisation, sa réalisation exigea un plan d’ensemble, d’où l’ampleur du projet initial. »[46]. Au cours des décennies 1950 et 1960, les vastes opérations d’urbanisation vont se multiplier dans la ville :

  • la cité d’urgence de Cleunay, une des premières de France : 1 000 logements construits sur 30 ha entre 1954 et 1960[47],
  • la ZUP de Maurepas : 4 256 logements construits sur 80 ha entre 1956 et 1966[48],
  • la rénovation urbaine de Bourg-l’Évêque : sur un secteur de 19 ha situé sur l’ancien faubourg de la rue de Brest, 794 logements et 119 commerces ont été détruits pour faire place à 2 519 logements et un centre commercial de 30 commerces, construits entre 1959 et 1964[49],
  • la rénovation urbaine du Colombier, conçue par Louis Arretche : sur un secteur de 28 ha correspondant au Champ de Mars, à l’ancienne caserne du Colombier et à l’ancien faubourg de la rue de Nantes. L’opération s’est déroulée sur plusieurs phases entre 1962 et l’inauguration du centre commercial Colombia en 1986[50] ; elle compte au total 2 500 logements, 40 000 m² de surfaces commerciales et 42 500 m² de bureaux[51],
  • la ZUP de Villejean, également conçue par Louis Arretche : sur 110 ha, 9 000 logements sont construits entre 1962 et 1970 ; une surface de 42 ha est de plus consacrée aux établissements d’enseignement supérieur regroupés sur le campus de Villejean[52],
  • la ZUP du Blosne, ou ZUP Sud, est de loin la plus vaste et la plus complexe de ces opérations. Conçue par Michel Marty, elle s’étend sur 500 ha, et a été construite entre 1965 et 1985, année d’ouverture du centre culturel Le Triangle. Au total, 12 531 logements sont construits, des équipements structurants sont mis en place dans chacun des quartiers de la ZUP (six centres commerciaux, trois collèges, trois églises), des parcs et jardins sont aménagés. La ZUP comporte aussi des équipements à l’échelle de l’agglomération : lycée de Bréquigny, centre commercial Alma et hôpital Sud[53].

Le développement de l’offre en logement s'accompagne aussi d’un fort développement industriel et commercial. L’objectif poursuivi par la municipalité est de « faire de Rennes le moteur du nouveau dynamisme breton et de retenir les migrants ruraux qui partent chercher du travail à Paris. »[54]. La croissance urbaine de cette période va donc également conduire à la mise en place d’importantes zones d’activités :

D'autres activités se développent en périphérie :

Ces importantes opérations urbaines vont permettre une croissance démographique spectaculaire de la ville : en 1975, elle atteint les 200 000 habitants, soit un doublement en à peine 40 ans.

La mise en place de la rocade, à partir de 1968, permet de fixer les limites de la zone urbanisée. Aucun nouveau quartier d’habitation n’est prévu au-delà. Les opérations d’urbanisation des années 1980 vont viser à densifier le tissu urbain en urbanisant les derniers terrains vacants par le biais de ZAC de moindre envergure que les ZUP :

  • ZAC de la Poterie au sud-est[59],
  • ZAC des Longchamps au nord-est[60].

À la fin du XXe siècle, « la ville de Rennes s’arrête progressivement sur la limite constituée par la rocade »[30]. Le territoire communal compris à l’intérieur de la route de contournement est presque entièrement urbanisé et il s’agit donc de reconstruire la ville sur elle-même à travers des opérations de renouvellement urbain.

Quartiers

Plan des quartiers.

La commune de Rennes est divisée en douze quartiers que sont :

  1. Le Centre
  2. Thabor/Saint Hélier
  3. Bourg-l’Evêque-Moulin du Comte
  4. Saint-Martin
  5. Maurepas-Patton-Bellangerais
  6. Jeanne d’Arc-Longs-Champs-Atalante
  7. Francisco Ferrer-Vern-Poterie
  8. Le Sud-Gare,
  9. Cleunay-Arsenal-Redon,
  10. Villejean-Beauregard
  11. Le Blosne
  12. Bréquigny

Histoire

Icône de détail Article détaillé : Histoire de Rennes.

Préhistoire et Antiquité

Vers le IIe siècle avant Jésus-Christ : La ville est fondée par la tribu des Redones qui choisit le site du confluent de l'Ille et de la Vilaine pour capitale, et prend le nom de Condate (ce qui signifie « confluent » en gaulois, de même que Kemper (Quimper) en breton).

Vers le IIIe siècle, des remparts sont érigés pour protéger la ville, dans une emprise considérablement réduite, des attaques barbares, fréquentes à cette époque. La ville évangélisée dés la fin du Ie siècle va recevoir son premier évêque de Rennes en 439.

Moyen-Âge

La ville, comprise dans les marches de Bretagne, est progressivement intégrée au royaume de Bretagne et devient rapidement une ville ducale. Au XVe siècle, Rennes consolide l'enceinte primitive gallo-romaine. Dans ce même siècle, deux enceintes successives agrandiront la ville.

Époque moderne

Au XVIe siècle, après le rattachement du duché de Bretagne au royaume de France en 1532 par l'édit de Vannes, la ville devient le siège du Parlement de Bretagne, et donc capitale provinciale par opposition à Nantes, ancienne capitale du duché. Les fortifications élevées contre les Français et les Anglais deviennent inutiles et sont lentement démantelées jusqu'au début du 20e siècle.

En 1720, un incendie détruit les trois quarts de la ville, la reconstruction sera l'occasion de repenser la ville selon l'urbanisme et l'esthétisme du XVIIIe siècle.

Époque contemporaine

En 1857, l'arrivée du chemin de fer au sud de la ville permet le développement urbain entre la ville « noble » située au nord de la Vilaine et la gare située au sud de la partie insalubre de la ville. En 1899, la révision de l'affaire Dreyfus a lieu à Rennes dans l'actuel lycée Émile Zola.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville est occupée à partir du 18 juin 1940 par l'armée allemande, elle subit de nombreux bombardements et sera libérée le 4 août 1944 par les troupes du général Patton.

À partir des années 1950, la ville connaît un développement important lié notamment à l'exode rural et à une industrialisation nouvelle comme l'usine Citroën implantée au sud de la ville, qui compta jusqu'à 13 000 salariés dans les années 1970.

Actuellement, la ville est reconnue pour être une ville administrative, dynamique avec de nombreux étudiants et des activités de pointe dans les télécommunications, les réseaux, image et transmissions, profitant de sa position de capitale régionale.

Symboles de la villes

Armes

Blason de Rennes

Le blason de Rennes se blasonne ainsi : Palé d'argent et de sable de six pièces, au chef d'argent chargé de cinq mouchetures d'hermine de sable. La Croix de guerre est appendue à l'écu qui est timbré d'une couronne murale d'or.

Logotypes

Logotype de la Ville de Rennes

Pour information, le logo de l'office public d'HLM de Rennes est une déclinaison du logo de la ville de Rennes.

Logotype Rennes Métropole

La devise qui figure sur le logotype de Rennes Métropole est la même que celle de la Ville de Rennes.

Drapeaux

Drapeau courant de la ville de Rennes

La plus ancienne mention connue d'un drapeau rennais (début XVIe siècle) montre l'écu municipal (palé d'argent et de sable de six pièces, au chef d'argent chargé de trois mouchetures d'hermine de sable) sur un fond jaune bistre[61]. Plus récemment, diverses variantes ont été utilisées, tant par la municipalité que d'autres organismes rennais. Le dessin ci-contre est le plus courant. Certains pensent que Morvan Marchal s'en est inspiré pour créer le Gwenn-ha-du. Un autre dessin est utilisé par le Bleuñ-Brug du Finistère et semble provenir de la marque du Cercle celtique de Rennes. Une version qui présente l'écu basculé a été reprise par le bagad de Vern-sur-Seiche. De nos jours la ville utilise un drapeau blanc semé d'hermines noires avec les armoiries de la ville au centre.

Devises

  • « Vivre en intelligence » : Pierre-Yves Heurtin, historien et ancien adjoint au maire explique cette devise par la laïcité qui est « l’art de vivre ensemble en laissant la liberté à chacun, dans le respect des autres. La devise de la ville de Rennes me semble définir un aspect fondamental de la laïcité dans une cité : « Vivre en intelligence »[62]. »
  • « À ma vie »
  • Autre devise : « Sine macvla » (Sans tache), allusive au chef d'hermine.
  • « Urbs rhedonum incensa, resurgens » (La ville de Rennes brûlée, renaissante), allusive à l'incendie de 1720 qui dévasta la ville (ville qui sera reconstruite sur un plan régulier).

Démographie

Au recensement de 1999, le dernier ayant valeur officielle, la ville comptait 206 229 habitants. L’unité urbaine de Rennes comptait 272 263 habitants (elle était alors composée de dix communes : Rennes, Bruz, Cesson-Sévigné, Chantepie, Chartres-de-Bretagne, Montgermont, Pont-Péan, Saint-Grégoire, Saint-Jacques-de-la-Lande et Vezin-le-Coquet). La ville est au centre de la 12e aire urbaine française qui accueillait 521 188 habitants en 1999[63]. Au travers des divers recensements intermédiaires de population et le dynamisme démographique de Rennes et de son agglomération (+1,3 % de croissance entre 1990 et 1999), on peut estimer à plus de 270 000 les habitants de l’unité urbaine et à plus 500 000 les habitants de l’aire urbaine[64].

Évolution démographique

Voici ci-dessous, l’évolution démographique de la ville de Rennes classée par date de recensement de 1793 à 2006.

Évolution démographique

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
30 160 25 904 29 225 29 589 27 340 35 552 37 895 39 218 39 505
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
45 664 45 483 48 283 52 044 57 177 60 974 66 139 69 232 69 937
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
74 676 75 640 79 372 82 241 83 418 88 659 98 538