
La guerre du Chaco qui se déroule de 1932 à 1935 est une guerre entre la Bolivie et le Paraguay. Les deux pays veulent alors le contrôle de la région du Chaco Boréal en Amérique du Sud dans laquelle on aurait trouvé du pétrole (ce qui était faux). La Bolivie a été soutenue par des compagnies pétrolières américaines et le Paraguay par des compagnies pétrolières britanniques.
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L'aboutissement à cette guerre, comme pour la plupart des guerres latino-américaines des XIX et XXe siècles, a été favorisé par l'incertitude des frontières et des compétences des institutions coloniales espagnoles et l'absence d'occupation effective sur de vastes portions de territoires (problème juridique de "l'uti possidetis" - comme vous possédez - qui peut-être "juris" ou non (en droit ou en fait). Le premier affrontement entre Bolivie et Paraguay semble avoir été l'incident de Puerto Pacheco, sur le haut Paraguay, en 1885, à la suite de la concession par la Bolivie de la construction d'un port. La Bolivie, qui a perdu sa côte sur l'océan Pacifique au profit du Chili dès 1879, doit renoncer à tout espoir de le récupérer en 1904. Ses vélléités en direction du fleuve Paraguay deviennent alors perçues comme une nécessité pour s'ouvrir un accès à l'Atlantique. Les escarmouches sont fréquentes mais les premiers affrontements notables ont lieu à partir de 1920. La Bolivie décide non seulement de tenter de s'implanter sur le haut Paraguay, mais de descendre le cours du rio Pilcomayo jusqu'au confluent avec ce fleuve. Le Paraguay, qui s'était essentiellement intéressé aux abords du fleuve, avait obtenu de l'Argentine le renoncement à son profit, par arbitrage international du président américain Hayes, du triangle sud du Chaco dit Boréal, entre Paraguay et Pilcomayo (1878). Les gouvernements paraguayens concèdèrent des superficies de millions d'hectares du Chaco boréal à des sociétés argentines (la plus grande étant concédée à Carlos Casado Hermanos), pour l'exploitation du "quebracho" ou bois de fer, un bois très dur et riche en tanin. l'Argentine en avait besoin pour son industrie du cuir et pour la réexportation. Le maté n'est pas cultivé dans cette région mais de l'autre côté du fleuve (la plus grande concession va à la Industrial Paraguaya, d'intérêts alors anglo-argentins). Le pétrole, que les politiques des deux pays élèvent en argument pour mobiliser leur population, fait partie des mythes quant aux objectifs réels de la guerre. L'incident considéré comme décisif a lieu le 15 juin 1932, incident dit de la Lagune Pitiantuta (ou Chuquisaca), point d'eau où un fortin bolivien est détruit par les paraguayens - mais ce n'était pas le premier : en décembre 1928, la prise du fortin Vanguardia par le Mayor et futur président Rafael Franco avait porté la tension à un niveau très élevé. Se réinstallant à 600 mètres, les Boliviens ne seront obligés de se retirer que le 15 juillet et le président bolivien Daniel Salamanca ordonna en représailles la prise de deux fortins (Toledo et Corrales), auxquels les militaires ajouteront Boqueron.
Dans un premier temps, la Bolivie, possédant une armée plus importante et mieux entraînée, arrive à s'imposer. Mais les soldats ne sont pas habitués à un climat chaud et humide en saison des pluies et à une sécheresse extrême le reste de l'année. Les Paraguayens ont également une meilleure connaissance du terrain. Remontant du Sud au Nord-Ouest, ils reprennent le contrôle de la région. De plus, le Paraguay nomme comme commandant en chef le futur Maréchal-président Estigarribia, qui se révèle excellent organisateur et meneur de troupes, ses options tactiques et stratégiques, efficaces, étant plus controversées. Le Paraguay a déjà conquis la majeure partie de la région lorsque le 27 novembre 1934, les généraux boliviens arrêtent leur président alors qu'il est à Villamontes, ils le remplacent par le vice-président José Luis Tejada Sorzano. Un cessez-le-feu est négocié le 12 juin 1935. Peu après, en 1938, un traité est signé en Argentine. Le Paraguay obtient un peu moins que le territoire qu'il espérait mais il a clairement gagné la guerre.
La guerre est un désastre pour les deux pays. En plus des 100 000 victimes de guerre, on estime qu'il y a eu tout autant de morts, voire plus, après la guerre à cause des maladies comme la malaria, sans oublier la disparition de groupes de soldats, essentiellement Boliviens, perdus dans un terrain plat, sans repères, couvert de broussailles épineuses. Cette guerre a amené les deux pays dans un gouffre économique. Elle aurait pu être évitée sans trop de difficulté par les puissances voisines, Argentine et Brésil, ou éloignées, Grande-Bretagne et États-Unis.
Les deux États ont utilisé leurs timbres-poste pour marquer leur prétention sur le Chaco boréal.
De 1924 à 1929, le Paraguay émet deux séries représentant une carte du pays comprenant le Chaco. Les timbres de 1924 ne comprennent même pas de frontière avec la Bolivie. De 1932 à 1936, un timbre d'un peso et demi est repris en plusieurs couleurs et représente le « Chaco Paraguayo ».
De son côté, une carte de la Bolivie mettant en valeur le « Chaco Boliviano » apparaît sur timbres en trois séries émises en 1928, 1931 et 1935.
Hergé publie en 1935 l'album l'Oreille cassée des aventures de Tintin, qui fait référence à une guerre entre deux petites nations sud-américaines pour un territoire supposé pétrolifère, chacune soutenue par une compagnie pétrolière différente et faisant appel au même marchand d'armes.
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